Terrain de culture et de jeu

renard-roux-lesve-17-05-2016-1A quelque chose malheur est bon !
Au milieu de l’hiver, un semis fait pâle figure du fait d’un sol gorgé d’eau. L’agriculteur se résigne et au fil de la saison, des plages béantes et nues se dessinent au milieu de la parcelle. Un endroit bien isolé dont la faune profite en toute tranquillité. La nichée de renard fait régulièrement place aux chevreuils, l’animation ne manque pas. A partir de juin, l’arrêt des traitements herbicides s’impose vu la maturation de la culture et l’impossibilité de rentrer dans le champ sans écraser les graines. Une aubaine mise à profit par une flore aussi abondante que dynamique : camomille, coquelicot, galéopsis, rumex, persicaire et même quelques céréales de l’an dernier viennent rapidement égayer ce damier coloré pendant tout l’été. Bientôt viendra la récolte et la fin de cette tranche de vie nature-culture. Les renardeaux s’en souviendront de ce terrain de jeu fleuri !
En ce premier we de chasse, prend garde maître goupil, j’en connais quelques uns qui t’ont dans le viseur ! Entre souffre-douleur et bouc émissaire, le renard continue à avoir mauvaise presse et pourtant son observation rapprochée est tellement passionnante !

L’agriculture durable est un concept flou …

qualite-de-lair-380 % des agriculteurs estiment qu’une agriculture durable est une agriculture qui apporte un prix honnête au producteur. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Bayer en collaboration avec la Fédération wallonne de l’agriculture dont La Libre Belgique se fait l’écho ce 16/09/2016. Les consommateurs mettent quant à eux en avant la protection de l’environnement.

Mais ces différences d’interprétation ne tracassent pas l’organisation agricole : ça n’empêche pas pour autant les agriculteurs de mettre en oeuvre des mesures en faveur de l’environnement. Il paraît même qu’on peut leur faire confiance « car ils mettront volontairement en oeuvre les mesures nécessaires » .

On est donc toujours bien dans ce discours de fond bien rôdé : circulez, il n’y a rien à voir. Le paysage agricole, on vous le gère en bon père de famille et d’ailleurs pas besoin de venir avec de grands mots comme la durabilité, nous c’est dans notre ADN.

Euhh … on parle de quoi encore là ? Ahh oui, de l’agriculture en Wallonie. Sans mettre tout le monde dans le même sac, certains agriculteurs déployant en effet des efforts réellement colossaux pour protéger l’environnement, il faut quand même être réaliste. Non notre agriculture ne progresse pas toute seul dans son coin de manière volontaire en matière d’environnement et oui le renforcement continu des normes est nécessaire pour réduire les impacts de l’agriculture intensive qui domine nos paysages.

L’agriculture durable est floue ? Et si on la définissait en impliquant producteur et consommateur autour d’un pacte pour l’alimentation ?

Sinon, que pensez-vous du concept, cher à certains, d’agriculture écologiquement intensive ? Ca vous parle plus à vous ? Vous ne voyez pas trop ? Pas grave, lisez donc le code agricole, ce sera tout de suite plus limpide !

Autre chose, pour un prochain sondage totalement neutre, on pourrait demander aux dealers de mener l’enquête sur l’espérance de vie de leurs clients …

Diagnostic Biodiversité sur La Première

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Le Certificat Biodiversité (P2B) que je propose a été présenté par Sophie Brems sur La Première ce matin dans les explorateurs :
http://www.rtbf.be/auvio/detail_les-explorateurs?id=2141262
Belle découverte à vous !

 

Ma tuile, mes briques

Barrière agricole Lesve copier

 

 

A l’heure du risque de repli sur soi post-attentat, on ignore souvent que ce symptôme a déjà largement contaminé les bois et la campagne depuis longtemps. Je défie les sceptiques de faire deux boucles de cinq à dix kilomètres autour de chez eux sans être en permanence sur le bitume et sans être stoppés par des barrières affublées de pancartes menaçantes. Alors même que derrière ces barbelés le chemin en parfait état se déroule à perte de vue. La quiétude de la vie sauvage a souvent bon dos. Le marcheur paisible est-il vraiment la plus grosse perturbation de nos bois et campagnes ?

Halte à la morosité !

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Certains se démarquent dans ce paysage sinistre. Et quand la tolérance se conjugue avec la bienveillance, il n’y a qu’une chose à dire : BRAVO et MERCI ! C’est alors aux utilisateurs à prendre leurs responsabilités en étant dignes de la confiance accordée et en respectant le chemin et ses alentours.

Il ne faut pas pour autant ouvrir tous les chemins. D’ailleurs, tous les marcheurs ne sont pas non plus si paisibles. A commencer par les inconditionnels de la rhétorique « Ne vous inquiétez pas, il n’est pas méchant » alors que leur molosse court à toutes pattes deux cents mètres devant eux.

Mais il est possible de réconcilier une pratique respectueuse de mobilité douce et notre parcellaire fragmenté. Comment ? En rouvrant certains chemins et en informant les usagers de la qualité biologique qu’ils peuvent y observer si ils la respectent. Ouverture (d’esprit et de chemin), échange, découverte, confiance et responsabilisation, voilà les ingrédients d’une autre relation à construire … Pas forcément plus simple, mais tellement plus riche !

Quand la nature est en danger, dialoguons …

Formation reconnaissance dégâts blaireau Sesselich Arlon 17-09-2014 (3) copier… d’accord mais pas à n’importe quel prix !

Voici un petit billet d’humeur suite à une communication du jour de Natagora par rapport aux outils d’action (voir ici). Par cette démarche que je salue, l’association de protection de la nature vise à outiller les citoyens-naturalistes qui constatent des actes contraires aux législations et qui portent atteinte à la biodiversité.

Comme je vous le disais, je suis 100 % d’accord avec l’esprit. Tout-à-fait d’accord aussi avec la nécessité de faciliter la compréhension des textes et des procédures de la protection de l’environnement. Dispositifs complexes mais bien nécessaires. Que seraient nos paysages campagnards sans une protection de toutes les haies telle qu’elle a pu être assurée jusqu’ici (mais pour combien de temps encore …) ? D’accord aussi de commencer par dialoguer avec l’auteur mais avec un petit bémol tout de même …

Mon conseil n’est certainement pas de crier au loup au moindre arbuste rabattu ou au premier grain de maïs observé dans l’agrainoir à sanglier. Bien entendu, seuls les impacts significatifs à la faune ou la flore méritent une réaction. Mais il faut quand même bien admettre que lors d’infractions manifestes et conséquentes (100 mètres de haie arrachée le dimanche matin, destruction d’une colonie de corvidés en plein élevage des jeunes, etc.), l’idée qu’un dialogue initié par le simple citoyen puisse avoir un quelconque effet me laisse un peu perplexe. Dans certains cas, mêmes les agents du service public n’ont aucun effet … alors un promeneur avec des jumelles ! Ne dit-on pas qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ? Je suspecte l’inventeur de ce dicton de très bien connaître certains coins de notre belle campagne. Surtout que l’observateur incrédule devant la scène est souvent aussi un habitant du coin et qu’il peut risquer gros … Et oui, se retrouver coincé par deux malabars au coin du bois, ça ne plaît à personne. « Il n’a qu’à assumer, après tout c’est de la délation », ça se dit, je vous l’assure ! Ouais, sauf qu’il s’agit d’intérêt public, que les espèces et les habitats concernés sont souvent en danger d’extinction et que le naturaliste fait rarement ça par plaisir. Et puis les gars, on n’est quand même plus au Moyen-Âge où il s’agissait juste d’être le plus fort pour avoir raison.

Pour finir, n’oublions pas que parmi les gardes forestiers (drôlement rebaptisés agents des forêts), se mêlent aussi quelques (excellents !) naturalistes (cumul pas encore interdit, encore bien répandu et vivement recommandé) et que, eux, si ils constatent ce type d’infraction ils ont l’obligation d’en référer à l’autorité. Alors, deux poids deux mesures ? On envoie les naturalistes seuls au casse-pipe ?

Donc, en cas d’infraction flagrante, l’auteur sait en général très bien ce qu’il fait (sauf si il s’agit d’une espèce discrète dont la présence est méconnue). Il espère juste que ça passera et que ça ne se verra pas trop … Et ça arrive parfois … Mais non pas souvent ! Dans ces cas-là, je pense que le devoir du citoyen-naturaliste s’arrête à communiquer l’info aux autorités compétentes de manière la plus précise et documentée possible. Après, c’est à l’agent public à prendre le relais dans le cadre des missions qui sont les siennes et avec les outils qui sont les siens.

Si j’en ai choqué certains, j’en suis désolé mais je vous assure que la réalité est bel et bien comme je l’ai décrite … et parfois pire encore !

L’automne en été

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L’érable champêtre, un des rares arbres à nous offrir l’automne en été. Des nouvelles feuilles apparaissent sur l’érable champêtre tout au long de l’année. Elles ont la particularité d’être tout d’abord de couleur rouge-rose avant d’opter pour le vert et de passer inaperçue dans les haies denses aux côtés de nombreux autres arbustes indigènes.

Cet arbre plein de ressource est à l’honneur en 2016 de même que les érables plane et sycomore. Ces arbres sont abondamment présents dans nos paysages auxquels ils apportent une touche d’esthétisme et de biodiversité non négligeable. Je recherche actuellement des anecdotes en lien avec ces espèces afin d’alimenter la brochure de présentation qui sera éditée par la Wallonie à l’occasion de la Sainte-Catherine lors de la distribution d’arbres à la population en automne. Il y a près de chez vous un magnifique érable ou vous connaissez une recette fantastique à base de feuilles d’érables ? N’hésitez pas à m’en faire part !

Merci d’avance.

Les cimetières passent au vert !

Cimetière Wépion 05-2016 (16)Depuis quelques années, ça bouge pas mal dans les cimetières et c’est notamment le cas à Namur où une transition douce est en cours depuis 2014 avec les premiers tests de végétalisation de cimetière. Le défi est de taille puisqu’il s’agit à l’avenir de se passer totalement des pesticides pour l’entretien de ces espaces jusqu’ici fortement minéralisés. Un bel enjeu de développement de la biodiversité apparaît dans ces espaces imbriqués dans le paysage urbain. Une transition dans des milieux aussi sensibles doit être accompagnée par une communication précise pour partager les objectifs fondamentaux de la démarche. Et c’est là que Nature in Progress intervient. Grâce à une collaboration avec la Ville de Namur, un reportage photographique a été réalisé. Il se focalise sur les cimetières déjà végétalisés et ceux en voie de l’être. La renaissance de la vie y est passionnante à suivre.

Ces reportages constituent ensuite le support à un ensemble d’outils de communication dont l’élaboration d’une brochure sur la végétalisation des cimetières namurois qui sortira en septembre, la mise sur pied d’une exposition et de flyers explicitant les différentes gestions qui cohabitent aujourd’hui dans ces espaces de recueillement. Des articles de presse viendront compléter le dispositif pour accentuer la prise de conscience dans le chef des citoyens sur le caractère incontournable et salvateur de cette transition.

Clinopode Lesve parking 29-07-2015 (1)Ce we, un événement dans le cadre de cette collaboration entre Nature in Progress et la Ville de Namur a lieu à Wierde. Dimanche 19/06 à 15h à la Salle du Tronquoy (Fond du Village, 28 à Wierde) aura lieu une présentation de la transition des cimetières namurois. Ensuite, nous aurons l’occasion de voir concrètement en quoi consiste la végétalisation d’un cimetière en visitant celui de Wierde récemment aménagé.

 

Bienvenue à toutes les personnes intéressées.

Entretenir sans détruire …

Dactylorhiza maculata Annevoie bord de route 06-2014 (3)Non, je ne vais pas vous parler de l’actu environnement qui domine aujourd’hui, à savoir la naissance d’un panda dans un parc zoologique bien connu. Mon propos sera plus routinier. Et oui, les bords de route, parlons-en ! A partir du mois de mars, la végétation s’y développe parfois avec exubérance et il est primordial d’y appliquer un entretien régulier sur une bande de sécurité pour optimiser la visibilité et réduire le risque d’accident. La zone ainsi entretenue peut varier en largeur en fonction de la topographie, du tracé de la route, de la présence d’un croisement ou d’un carrefour, etc.
Aujourd’hui, la présence et le développement de la nature ne sont plus possibles que sur des espaces de plus en plus réduits. Les bords de route font donc partie des zones à préserver à la fois pour la surface et pour la connectivité qu’ils permettent d’assurer aux espèces qui les fréquentent. Sans remettre en cause, les impératifs de sécurité qui sont bien entendu primordiaux le long de nos axes de communication, quelques règles doivent permettre de faire cohabiter nature et mobilité.

Parmi celles-ci, la question de la zone d’intervention est centrale. A quand une gestion réellement réfléchie et différenciée de nos bords de route ? Entre l’agriculteur qui cultive jusqu’à labourer le tarmac et le gestionnaire de la voirie qui décide de faucher 5 fois par an une large surface parfois à plus de dix mètres de la route, les niches pour la vie sauvage fondent comme neige au soleil. Revenons donc à un entretien fondé sur le bon sens : un entretien régulier sur un ou quelques mètres en fonction de la configuration et une fauche tardive du reste du domaine public préservé des grignotages incessants.
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La manière dont on entretient ces talus est également importante. Le passage de la barre faucheuse trop près du sol (voire dedans …) a de multiples impacts sur la faune et la flore (destruction d’animaux comme des orvets, déstructuration des réseaux racinaires, etc.), cause des casses dans le matériel, déstabilise les talus (coulées de terre, de pierre, etc.), rejette des pierres sur la voirie et engorge les caniveaux. Un passage à 10 cm du sol suffit amplement à limiter la végétation et n’entraîne pas les mêmes désagréments.
Et chez vous ? De la même manière, vous pouvez relever les roues de votre tondeuse pour éviter d’araser le sol. Mieux définir les zones de tonte pour répondre aux besoins tout en laissant des espaces de végétation plus libres est aussi une mesure simple et particulièrement efficace pour accueillir un peu de diversité chez vous. Exprimez toute votre créativité dans le dessin du cheminement qui vous permettra d’explorer votre écrin de nature.
Encore un petit conseil, n’hésitez pas à interroger les gestionnaires locaux sur leurs pratiques. Savoir qu’il y a une attention sur ce type d’impact peut rapidement modifier les comportements.

 

Marques dans le sol du passage de la fauche et ravinement dans la rigole.

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Maintien d’un îlot de marguerites dans une pelouse.

Diagnostic Biodiversité en Entreprise

Nature et entrepriseRéaliser un diagnostic biodiversité en entreprise ! En voilà une idée farfelue pensez-vous peut-être ? Surtout qu’il y a déjà des obligations légales dans le cadre de l’octroi d’un permis d’environnement par exemple.

Faut-il vraiment être pro-actif dans le domaine surtout lorsque l’entreprise en question n’a pas d’impact territorial direct comme c’est le cas par exemple des secteurs forestier, agricole ou carrier ?

Et bien oui et même trois fois oui !

Tout d’abord parce que toute activité professionnelle a à la fois des impacts et des liens d’interdépendance par rapport à la biodiversité. Les matières premières sont issues d’écosystèmes exploités plus ou moins intensivement avec les impacts qui y sont liés et une garantie variable de pouvoir fournir ces matières à plus ou moins long terme. De la même manière, le cadre de travail de l’entreprise influe sur le moral et la productivité du personnel.

Ensuite, parce que toute entreprise peut agir de manière progressive, avec des actions raisonnables et des résultats mesurables.

Enfin, parce que la société est fortement concernée par l’état de l’environnement et la régression de la biodiversité en particulier. Il s’agit donc pour l’entreprise d’une opportunité unique de montrer son engagement dans le domaine de manière à fidéliser sa clientèle tout en se différenciant de la concurrence.

Si une bonne part des entreprises reste encore au balcon, d’autres n’ont pas peur de s’engager et c’est la société entière qui les félicite ! Cette semaine, me voilà embarqué dans mon premier diagnostic biodiversité en entreprise. Un magnifique défi qui commence. Mon enthousiasme est total pour accompagner au mieux ce précurseur qui ouvre la voie. A qui le tour ensuite ?

La banalisation de l’environnement, c’est maintenant et demain dans votre salon.

_GIL2897C’est l’histoire banale d’un fond de prairie. Ça se passe non loin de chez moi mais malheureusement aussi à bien d’autres endroits partout en Wallonie. Je garde le souvenir d’une belle observation de chevreuils réalisée là il y a quelques années. La route qui longe la prairie n’inquiétait en rien les animaux qui levaient la tête de temps à autre pour évaluer le danger et retourner aussi vite à leur activité d’herbivores. Plus tard, ce sont les sangliers qui se sont entichés de ce coin de campagne. Si leur observation directe était plus difficile, on voyait sans peine les traces de leur passage : plusieurs fois par an, une bonne part de la prairie se faisait retourner, imposant à l’agriculteur de remettre la terre à plat et de ressemer. Ces dernières années, à mesure que la densité de sanglier augmentait, on a vu ces dégâts croître sans cesse. Jusqu’au jour où l’agriculteur a jeté l’éponge en décidant de vendre sa prairie.

La pression foncière lui a permis d’en retirer un bon paquet d’argent. Une transaction inespérée il y a quelques années encore pour une prairie peu productive en bord de bois et mal exposée comme celle-là. L’heureux nouveau propriétaire avait un projet bien précis et il ne tarda pas à convertir le tout en une imposante plantation de sapins de Noël. Et oui, voilà une manière de rentabiliser l’important investissement réalisé. Désherbé chimiquement plusieurs fois par an, l’endroit est à présent devenu un désert biologique qui fait peine à voir surtout lorsque l’on a connu la prairie extensive d’avant. Un vaste espace qui se pare régulièrement d’une couleur rousse dont émergent quelques brins épineux perdus dans cette marée de plantes mortes. Seules subsistent quelques plaques de mousses qui démontrent la pollution chronique du sol et la banalisation totale de la végétation à cet endroit.

Il m’arrive de rencontrer des personnes qui pensent sincèrement qu’en matière de nature les choses vont mieux, que les naturalistes feraient bien de voir la bouteille à moitié pleine plutôt qu’à moitié vide, que les efforts environnementaux consentis sont colossaux et inédits, etc. Je ne veux bien entendu pas nier les initiatives positives qui existent bel et bien mais je voudrais répondre à ces personnes qui minimisent les pressions actuelles. Lorsque l’on ouvre les yeux sur son environnement immédiat, force est de constater que le bilan net est une régression toujours plus marquée de l’accueil de la vie sauvage dans sa diversité. Les restaurations et préservations menées ça et là ne compensent en rien les innombrables attaques faites au patrimoine naturel. Bien souvent par des actes de faible ampleur voire anodins mais qui, lorsqu’ils sont mis bout à bout, rendent nos paysages de plus en plus aseptisés et dépourvus de biodiversité. Il en va ainsi notamment de la culture de la toute grande majorité des sapins de Noël produits en Wallonie et que l’on exporte fièrement et parfois bien loin en pavoisant sur la qualité de nos arbres. Invitons donc les futurs acquéreurs de ces « beaux sapins » à découvrir le mode de production, on verra si l’on parle toujours de « haute qualité ».

_GIL2890Les alternatives existent, on peut désherber les parcelles mécaniquement ou grâce à du pâturage ovin par exemple. Moi, je suis d’accord de payer pour cette production alternative et vous ?

Et dire que demain, grâce à ce magnifique Code de développement territorial, la culture de sapins de Noël risque bien d’être autorisée également en forêt. Comme si les bois avaient besoin d’une arme de banalisation massive comme celle-là …