Belle journée pour se faire plumer, vous ne trouvez pas ?

Plumée de pic épeiche LesveVoilà la triste scène (pour la victime en tout cas, un pic épeiche) découverte lors de ma balade de ce samedi matin. Heureusement, ce n’est pas une issue aussi fatale qui vous attend, vous qui trépignez de voir enfin arriver le printemps ! Mais tout de même, celui qui n’y prend garde peut y perdre quelques plumes et surtout ses illusions …

Plein d’enthousiasme vous débarquez aujourd’hui à la pépinière du quartier qui regorge déjà de couleurs chatoyantes. Vous ressortez avec un chariot plein et une coquette petite note tout de même (tout ça pour des plantes vertes diraient certains !). De retour chez vous, pas le temps d’attendre : les balconnières et autres parterres sont directement assaillis par vos nouvelles trouvailles et tant pis si quelques valeureux végétaux tentaient de percer au même moment pour vous apporter une belle surprise inattendue, ils sont bien vite relégués parmi les déchets verts.

Alors que vous terminez votre plantation, vous êtes satisfait et rêvez déjà au moment où toutes ces plantes fleuriront à foison pour vous offrir un spectacle luxuriant. Un beau geste pour la nature pensez-vous en rangeant les outils. Le lendemain, première déconvenue, le chat du voisin a déplanté quatre belles pensées qui se sont décomposées en roulant du talus. La gelée blanche de la nuit donne une mine bien tristounette à toutes les autres plantes qui hier encore trônaient fièrement dans les étales de la serre. Elles vont se remettre pendant la journée, c’est sûr : restons optimistes ! Un mois plus tard, vos belles plantations sont bien défraîchies et vous désespérez à l’idée de devoir retourner faire vos emplettes.

Marre de se faire plumer et envie de donner un vrai de coup de pouce à la nature ? Il existe une pépinière bien trop rarement visitée, située à deux pas de chez vous, qui regorge de plantes magnifiques, nécessitant très peu d’entretien, vraiment accueillantes pour la vie sauvage et … totalement gratuites ! Vous ne me croyez pas ? Contactez-moi, je vous y emmènerai volontiers au cours d’un atelier de pépinière sauvage. Excellent printemps à toutes et à tous et gare aux plumées !

Vivre en pleine nature

Vivre en pleinePanneau urbanisation Aiseau-Prêles 11-2015 nature, voilà l’idéal de nombreux citoyens (moi en premier). Est-on prêt à n’importe quel sacrifice pour cela ? On dirait bien que oui … Il semble que la majorité d’entre nous souffre, par intermittence, de schizophrénie. On veut vivre en pleine nature mais on ne se rend pas compte que ce simple choix va anéantir la nature qui nous accueille … Tout cela par notre mode de vie, notre volonté absolue et jamais rassasiée de maîtriser notre environnement immédiat, notre maniaquerie pour la propreté qui ne supporte parfois pas la moindre plantule sauvage, notre goût perpétuel pour les espaces horticoles bien rangés, etc. Puis on finira par se plaindre de notre isolement et on verra d’un bon œil ce énième projet de centre commercial venir s’installer pas trop près mais juste à bonne distance de notre chez nous.

Nous aimons la nature, donc nous aimons la détruire, c’est « normal » me direz-vous … Oui mais l’adversaire est au tapis alors si il faut en arriver là, je dirais simplement : aimons la nature un peu moins, ou plutôt autrement, car sinon la nature risque bien elle aussi de s’éprendre de l’homme et on aura du mal à supporter les effets collatéraux. Rappelons-nous que les forces en présence ne sont pas les mêmes et que si la nature n’a pas besoin de l’homme, nous ne sommes rien sans la nature.

Les services écosystémiques et le quotidien

Anémone fausse renoncule Godinne 04-2009 copierPopularisée dans les années 2000, la notion de services écosystémiques symbolise l’ensemble des services que la nature, les habitats naturels et les espèces offrent au quotidien à l’homme et à ses activités. De plus en plus, on réfléchit à présent à poser des actes tenant compte de ces services de manière à les préserver à l’avenir. Ainsi une construction dans une zone humide réduira son emprise et veillera à maximiser l’infiltration pour préserver  la fonction d’alimentation des nappes phréatiques.

Au-delà des enjeux fondamentaux liés à l’aménagement du territoire, à l’utilisation du sol et à l’infrastructure, il est aussi possible de réfléchir aux services écosystémiques dans sa propre sphère d’influence et dans son quotidien. La principale caractéristique des actions ou des aménagements qui optimisent les services écosystémiques est d’être avant tout multifonctionnel. De la même manière, on peut envisager nos activités et nos actions en poursuivant plusieurs objectifs. Un petit exemple ? J’adore réaliser un petit footing dans mes temps libres. Ces derniers temps, j’ai régulièrement fréquenté un sous-bois où se développe le laurier cerise, un arbuste très largement apprécié dans les jardins mais qui a aussi la fâcheuse tendance à se répandre dans la nature où il empêche le développement d’une flore herbacée et arbustive diversifiée. Entre deux foulées, j’ai maintenant commencé à déraciner ces arbustes, c’est fou comme ça vient facilement ! A raison de 2-3 pieds arrachés à chaque sortie (trop peu pour casser mon rythme), le sous-bois s’éclaircit et, d’ici peu les anémones et l’ail des ours pourront y reprendre leurs quartiers. Je me tiens en forme tout en limitant l’expansion de cette espèce.

C’est pas grand chose me direz-vous ? Vous avez raison : c’est très facile à faire ! Bien sûr l’impact est (très) limité mais c’est aussi un état d’esprit qui peut se développer par ce type d’action. Comment puis-je continuer à faire ce que j’ai l’habitude de faire en faisant mieux pour la nature ? Vous verrez, les réponses finiront par couler de source.

Laurier arrachéLa nature nous rend d’innombrables services et si nous commencions à lui rendre la pareille ?

Séchage de racines après arrachage

 

 

 

 

Biodifarming

Terril Farciennes 09-2015

Protéger la biodiversité agricole ne met pas à mal le rendement

En Europe du Nord, l’intensification des pratiques agricoles a massivement détruit la biodiversité. Une fertilisation excessive, des traitements phytosanitaires trop peu ciblés, un rythme d’exploitation accru et une homogénéisation des cultures sont les principaux instruments de cette intensification. A l’avenir et vu l’augmentation de la population, la surface agricole sera encore plus sollicitée. Outre la modification drastique de notre alimentation pour nourrir plus de monde avec moins de ressources, l’évolution des pratiques agricoles est au moins aussi indispensable !

Une recherche menée dans une ferme anglaise intensive démontre qu’affecter une portion significative de la surface agricole au développement de la vie sauvage ne met pas en péril la production globale de l’exploitation. Au contraire, soustraire 8 % de la surface et les affecter à des habitats naturels permet d’augmenter la productivité de certaines spéculations agricoles dont les cultures entomophiles.

Un beau potentiel prometteur lorsque l’on sait que ces tests ont été réalisés en maintenant une exploitation conventionnelle (incluant des pulvérisations répétées) dans les espaces de production. Autant dire que les services offerts par les habitats naturels n’ont pas joué à leur plein potentiel.

Un résumé de l’étude est accessible ici. 

 

Parce que ce n’est pas demain la veille que l’on parlera trop de la nature et de sa nécessaire protection …

Voici le tout nouveau site de Nature in progress dédié à la biodiversité en Belgique et aux activités que je développe pour l’aider à progresser. Vous y trouverez dès aujourd’hui une offre de services pour agir concrètement tant au niveau privé que professionnel. Des projets exemplaires y seront petit à petit présentés et un portfolio rassemblera mes meilleurs clichés réalisés au fil de mes projets. Bien d’autres infos à venir y glaner régulièrement aussi.
Redonner une place à la nature, c’est définitivement possible grâce à Nature in progress, faites passer l’info ! Merci d’avance (et merci aussi à la conceptrice du site, Laurie !).
Au plaisir de vous accompagner dans vos futurs projets nature !

Michel

Perchoir tranquille

 

Concours 1001 idées pour sauver la biodiversité

10/04/2016 : date limite de candidature dans le cadre du concours 1001 idées pour sauver la biodiversité.
Plus d’info ici.

Adoption de la première liste d’espèces invasives

04/12/2015 : adoption de la première liste d’espèces invasives de préoccupation européenne.