Favorisons la biodiversité forestière – Halte au laurier cerise dans le bois de la (petite) Hulle !!

Activité reportée suite aux mesures liées au coronavirus

le laurier cerise peut former en quelques années un massif qui domine le sous-bois

Le laurier cerise (Prunus laurocerasus) ou laurier amande est un arbuste très fréquemment planté pour constituer des haies dans les jardins. Sa végétation dense, coriace et persistante tout l’hiver en font une espèce de prédilection pour l’ornement. On a commencé à planter du laurier cerise un peu partout dans le monde dès le 16ème siècle. D’un site à l’autre, la dispersion de l’espèce s’opère principalement grâce aux oiseaux. Les merles notamment consomment les baies du laurier et dispersent les graines dans leurs déjections. Vu l’abondance de l’arbuste dans les jardins et le nombre de graines produites, le laurier cerise a commencé à se répandre dans la nature il y a une vingtaine d’années. C’est dans le sous-bois qu’on le retrouve principalement. Il supporte en effet l’ombrage et est capable de constituer une végétation dense limitant le développement de la flore herbacée et empêchant la régénération naturelle de la forêt. Les impacts biologiques sont nombreux puisque l’on suspecte aussi le laurier d’être le vecteur de champignons pathogènes pour certains arbres. Cerise sur le laurier (ça ne s’invente pas !), la plante est toxique pour l’homme et sa dispersion semble favorisée par le réchauffement climatique.

la pulpe du fruit consommée par les oiseaux est la seule partie non toxique de la plante

Avec d’autres espèces arbustives comme le cerisier tardif (Prunus serotina), le laurier cerise est devenu une espèce exotique envahissante préoccupante qui nuit au développement de la biodiversité forestière. Dans le bois de la Petite Hulle à Profondeville, cet arbuste est présent un peu partout dans le sous-bois. L’espèce provient là aussi des jardins mais pas forcément aux alentours immédiats puisque les oiseaux peuvent transporter les graines sur de grandes distances.

même dans le sous-bois, le laurier cerise peut fleurir et fructifier abondamment

Le bois de la Petite Hulle a une végétation herbacée diversifiée, on y retrouve notamment des luzules, des polypodes et d’autres fougères, des ronciers accueillant pour les oiseaux et pas mal de massifs de houx dispersés ça et là. Mener une action de lutte contre le laurier cerise dans le bois de la Hulle est donc particulièrement adapté :

  • pour préserver la biodiversité forestière et notamment la végétation herbacée bien diversifiée dans ce sous-bois ;
  • pour éviter que le laurier cerise n’envahissent d’autres sous-bois aux alentours et notamment le large versant forestier qui borde la Meuse vers Wépion et où l’installation du laurier serait plus compliquée à contenir vu les difficultés d’accès ;
  • car les lauriers cerises y sont encore assez peu développés et qu’une action par arrachage, méthode la plus efficace pour cette espèce qui rejette facilement, est encore envisageable ;
  • car c’est juste avant le vrai démarrage de la végétation pour éviter de parcourir le sous-bois en période de nidification
  • car ce sera l’occasion de conscientiser la population (participants au chantier ou visiteurs du bois) sur les nombreuses alternatives qui permettent de se passer du laurier cerise au jardin, vive les haies vives et les massifs arbustifs composées d’espèces indigènes !
les espèces arbustives indigènes comme le prunellier, l’églantier, l’aubépine et bien d’autres espèces sont une alternative très attractive à la haie de laurier

En fonction des résultats de l’opération, une seconde séance sera éventuellement programmée à l’automne.

Modalités pratiques :

J’ai le plaisir de proposer cette action de lutte contre le laurier cerise en collaboration avec la Locale Ecolo de Profondeville.

Rendez-vous au parking du terrain de football (adresse : Chemin du cimetière à Profondeville) le dimanche 15 mars 2020 à 13h30.

Au menu :

  • Pourquoi supprimer les lauriers ? Critères de reconnaissance de l’espèce et mode d’action. 
  • Parcours du sous-bois, arrachage systématique et mise en tas de tous les plants collectés
  • Partage d’une collation que chacun aura pensé à emporter
tout le monde peut s’y mettre et donner un coup de pouce à la nature

Veiller à vous équiper de gants et éventuellement d’une bêche ou d’une fourche pour déterrer les racines les plus coriaces. Merci d’avance pour votre action en faveur de la vie sauvage.

3 Comments on “Favorisons la biodiversité forestière – Halte au laurier cerise dans le bois de la (petite) Hulle !!

  1. Salut Michel, merci pour ton invitation et pour l’information sur cette plante invasive. Ce week-end-là, je serai plongé dans le magnifique massif de la Croix Scaille, à cheval sur la frontière mais en VTT. Au plaisir de nous revoir. A très bientôt. Didier

    • Bonjour Didier et merci pour ton message.
      Bonne balade sur le toit du namurois 😉
      A très bientôt,
      Michel

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