Quand la nature est en danger, dialoguons …

Formation reconnaissance dégâts blaireau Sesselich Arlon 17-09-2014 (3) copier… d’accord mais pas à n’importe quel prix !

Voici un petit billet d’humeur suite à une communication du jour de Natagora par rapport aux outils d’action (voir ici). Par cette démarche que je salue, l’association de protection de la nature vise à outiller les citoyens-naturalistes qui constatent des actes contraires aux législations et qui portent atteinte à la biodiversité.

Comme je vous le disais, je suis 100 % d’accord avec l’esprit. Tout-à-fait d’accord aussi avec la nécessité de faciliter la compréhension des textes et des procédures de la protection de l’environnement. Dispositifs complexes mais bien nécessaires. Que seraient nos paysages campagnards sans une protection de toutes les haies telle qu’elle a pu être assurée jusqu’ici (mais pour combien de temps encore …) ? D’accord aussi de commencer par dialoguer avec l’auteur mais avec un petit bémol tout de même …

Mon conseil n’est certainement pas de crier au loup au moindre arbuste rabattu ou au premier grain de maïs observé dans l’agrainoir à sanglier. Bien entendu, seuls les impacts significatifs à la faune ou la flore méritent une réaction. Mais il faut quand même bien admettre que lors d’infractions manifestes et conséquentes (100 mètres de haie arrachée le dimanche matin, destruction d’une colonie de corvidés en plein élevage des jeunes, etc.), l’idée qu’un dialogue initié par le simple citoyen puisse avoir un quelconque effet me laisse un peu perplexe. Dans certains cas, mêmes les agents du service public n’ont aucun effet … alors un promeneur avec des jumelles ! Ne dit-on pas qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ? Je suspecte l’inventeur de ce dicton de très bien connaître certains coins de notre belle campagne. Surtout que l’observateur incrédule devant la scène est souvent aussi un habitant du coin et qu’il peut risquer gros … Et oui, se retrouver coincé par deux malabars au coin du bois, ça ne plaît à personne. « Il n’a qu’à assumer, après tout c’est de la délation », ça se dit, je vous l’assure ! Ouais, sauf qu’il s’agit d’intérêt public, que les espèces et les habitats concernés sont souvent en danger d’extinction et que le naturaliste fait rarement ça par plaisir. Et puis les gars, on n’est quand même plus au Moyen-Âge où il s’agissait juste d’être le plus fort pour avoir raison.

Pour finir, n’oublions pas que parmi les gardes forestiers (drôlement rebaptisés agents des forêts), se mêlent aussi quelques (excellents !) naturalistes (cumul pas encore interdit, encore bien répandu et vivement recommandé) et que, eux, si ils constatent ce type d’infraction ils ont l’obligation d’en référer à l’autorité. Alors, deux poids deux mesures ? On envoie les naturalistes seuls au casse-pipe ?

Donc, en cas d’infraction flagrante, l’auteur sait en général très bien ce qu’il fait (sauf si il s’agit d’une espèce discrète dont la présence est méconnue). Il espère juste que ça passera et que ça ne se verra pas trop … Et ça arrive parfois … Mais non pas souvent ! Dans ces cas-là, je pense que le devoir du citoyen-naturaliste s’arrête à communiquer l’info aux autorités compétentes de manière la plus précise et documentée possible. Après, c’est à l’agent public à prendre le relais dans le cadre des missions qui sont les siennes et avec les outils qui sont les siens.

Si j’en ai choqué certains, j’en suis désolé mais je vous assure que la réalité est bel et bien comme je l’ai décrite … et parfois pire encore !

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